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Auteur: webmaster
Publié: Thu, 28-Oct-2004
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Histoire de l'Echo des Alpes
Contexte de l'époque
Vissoie à la fin du siècle dernier
La fanfare de Vissoie est née en 1886. Seule la tradition orale a conservé une mémoire de cette naissance et nous n’avons pas de document de fondation. On sait seulement que pour bien comprendre l’origine de "L’Echo des Alpes", il importe de rappeler le contexte de l’époque.
En cette fin du dix-neuvième siècle, Vissoie présente un grand contraste. Ce village. qui fut anciennement commune, ne possède plus de droit politique propre, car depuis 1824, il est divisé et placé sous la juridiction mixte des communes d’Ayer et de Grimentz. Cependant, dans cette étrange situation, le village-centre, au sein d’une vallée demeurée profondément rurale, va connaître une silencieuse et prodigieuse mutation. La population augmente, se diversifie et commence à se sédentariser. Les paysans traditionnels laissent peu à peu la place aux artisans et au secteur des services. Un premier grand démarrage touristique s’opère qui voit, à côté des anciennes auberges, émerger la construction audacieuse des hôtels modernes. Etrangers, touristes et alpinistes découvrent de plus en plus cette vallée qui leur parait comme une île de haute montagne. Par tâtonnements et tronçons successifs, la route avec la plaine est ouverte. Poste et télégraphe ont été installés. Et cette fin de siècle, à l’instar d’autres vallées, des Anniviards et des industriels de la ville, rêvent d’un futur chemin de fer Sierre-Vissoie-Zinal, en attendant qu’ils l’imaginent traverser la montagne jusqu’à Zermatt.
Une telle transformation devait réagir sur les mentalités. Partout monte l’appel de la liberté et de la nouveauté. En attendant la revendication politique qui verra Vissoie renaître comme commune en 1904, une nouvelle expression culturelle voit le jour. On est de plus en plus sensible aux questions de l’éducation, de l’instruction et de l’école. On se préoccupe de l’esthétique villageoise. On veut être soi-même et s’exprimer autrement que ne l’on fait des générations de tradition.
Signes de cette aspiration au renouveau et à la modernité : deux Sociétés naissent durant la décennie 1880-1890, le chant et la musique. Elles participent toutes deux du changement, mais il y a entre elles cette différence capitale qui éclaire la double face de toute innovation : la Société de chant est encouragée par la hiérarchie ecclésiastique alors que la Société de musique fait peur à cette même hiérarchie.
Notice Historique
de Robert Métraux
En 1978, à l’occasion du 78e festival des musiques organisé par "L’Echo des Alpes", Robert Métraux, toujours dévoué à la cause anniviarde, recueille témoignages et documents. Il peut ainsi dresser une précieuse notice historique sur la fanfare de Vissoie.
N’était-ce pas une parfaite utopie que de vouloir vers les années 1880 créer une fanfare dans un village perdu au milieu des montagnes ? Et combien de bon argent faudra-t-il économiser pour acheter les instruments nécessaires ? Et qui nous apprendra à souffler harmonieusement dans ces engins de cuivre rutilants ?
Durant l’été 1886, quelques fanas (ils en existaient déjà !), prirent contact avec un certain Joseph-Marie Perruchoud, musicien de Chalais en séjour à Vissoie : "Monsieur Perruchoud, ne pourriez-vous pas rester avec nous ce prochain hiver et nous apprendre à jouer ?". Monsieur Perruchoud voulait bien, mais qui assurerait sa subsistance durant ces longs mois de la saison blanche ? Qu’à cela ne tienne, chacun des futurs musiciens s’étaient engagés à lui trouver du travail à la tâche la journée – une fois ici, une fois là – pour qu’il accepte de donner tous les soirs bénévolement à ses supporters des leçons de solfège appliqué. Et c’est ainsi que naquit "L’Echo des Alpes" de Vissoie, en 1887.
Si la fanfare existait, elle était encore loin d’être entrée dans les mœurs du village. Bon nombre de villageoises allèrent se plaindre auprès du curé de cette bande d’énergumènes décidés à provoquer les mauvais esprits en déchaînant cette musique diabolique. Les répétitions eurent dont lieu clandestinement dans une maison nichée au haut du village. Et chacun cachait soigneusement son instrument à la sortie afin qu’il ne soit pas la proie d’une vengeance ou séquestré par des parents trop bien pensants.
L’hiver avait passé, les accords étaient plus ou moins harmonieux et synchroniques, mais les foudres du diable étaient toujours en suspension sur les têtes des protagonistes. Il devenait donc urgent de réagir : "Monsieur le Curé, acceptez-vous que notre fanfare participe à la procession de la Fête-Dieu ?" Voyant là l’occasion d’être magnanime et de se tirer d’un mauvais pas, le Curé accepta, et qu’elle ne fut pas la surprise des citoyens de Vissoie au matin de ce jeudi béni d’entendre les flons-flons martiaux de neuf musiciens disciplinés, sortis de l’ombre. Si le courroux et la désapprobation se lisaient sur certains visages, l’enthousiasme finit malgré tout par l’emporter et la fanfare acquit droit de cité.
Que de souvenirs aussi ces répétitions qui devaient tenir compte de la transhumance anniviarde : pendant les travaux des vignes, on se réunissait à Niouc où les vignerons montaient à pied le soir pour rejoindre les amis venus de Vissoie. Et au temps de l’alpe, on ne craignait pas de descendre de Zinal à Vissoie et de remonter avec son bâton de pèlerin le soir même, après la répétition. Et qui se rappelle de la mobilisation des meilleures plumes de l’équipe pour calligraphier l’unique partition que l’on pouvait se payer, afin que chacun en possède une copie ? Et cette autre fonction extra-musicale qui consistait, les jours de fête à ne pas quitter d’une semelle l’un ou l’autre musicien trop porté sur la dive bouteille. Ce travail, mélange d’autorité et de diplomatie, consistait à restituer le musicien en état de faire chorus avec l’ensemble à l’heure du concert.
Le registre des protocoles de la société laisse transpirer les soucis financiers toujours cuisants. En 1912, bien que les vingt francs annuels dus comme indemnité à l’instructeur soient couverts par la cotisation de Fr 3.– par sociétaire, on décide de renflouer la caisse en organisant un loto à Sierre. Le résultat est mirobolant : une recette de Fr. 685.10, presque des francs-or ! Mais le loto n’est pas la seule ressource providentielle, les jeux de quilles donnent de bons résultats. Pourtant, en 1929, c’est la crise, la caisse est vide, le directeur démissionne !
En 1901 déjà, "L’Echo des Alpes" organisait le Festival des fanfares du Valais central. Le tout premier de ces festivals déroula ses fastes à St-Léonard en 1889, à l’initiative de "La Léonardine".
La 30ème fête de la Fédération des musiques du Valais central est également confiée à Vissoie en 1922. Durant l’hiver 1936/1937, en collaboration avec les autorités communales, on décide de niveler le nord de la colline de la Chapelle pour créer la place de fête qui recevra le festival du printemps suivant. Tous les musiciens et de nombreux anniviards travaillent en corvées volontaires durant tout l’hiver pour déplacer des tonnes de mètres- cubes. Puis on fera appel à un maximum d’ouvriers payés cinq francs par jour. La place de fête est merveilleusement aménagée au jour du festival et elle est encore aujourd’hui utilisée pour toutes les manifestations importantes.
En 1961, nouveau festival à Vissoie, les musiciens arborent le chapeau-costume offert quelques années plus tôt par un généreux entrepreneur de la vallée. Ce chapeau sera ensuite remplacé, en 1964, par le premier costume de la fanfare qui, il est vrai, est moins pimpant que celui que les musiciens portent depuis deux ans.
En 1978, c’est à Vissoie qu’échoient l’honneur et la responsabilité du 78e Festival des musiques des districts de Sierre et Loèche.
Témoignage d'Henri Crettaz
Vers les années 1880, il existait déjà une formation de quelques musiciens dirigés par Antoine Solioz frère, Elie Solioz, Frédéric Bonnard de St-Jean, Jérôme Melly et quelques autres de Vissoie.
FONDATION :
L’Echo des Alpes fut fondée en 1886. Les fondateurs étaient Henri Florey, Antoine Solioz, Benjamin Crettaz, Jean Florey, Joseph Rouvinez, Clément Urdieux, Benjamin Melly, Frédéric Bonnard et Joachim Martin, porte-drapeau. Il faut dire tout d’abord que l’ancienne formation non-constituée, peu disciplinée et de très médiocre qualité musicale était mal vue de la population et accusée par les anciens "d’envoyée du diable pour pervertir la jeunesse". Voulant fonder une Société, des personnes bien intentionnées et de bonne famille, étaient convaincues qu’une fanfare bien organisée ne pourrait qu’apporter de la joie et des divertissements honnêtes à la population. La fanfare apporterait son concours aux fêtes religieuses et civiles et la jeunesse trouverait une agréable et instructive occupation de son loisir pendant les longues soirées d’hiver. Les premières leçons de musique furent données par l’instructeur fédéral Perruchoud, trompette, de Chalais, qui avait élu domicile à Vissoie pendant une saison d’hiver. Les répétitions se tenaient chez la famille d’Henri Florey, sous la surveillance de quelques parents de musiciens soucieux de leur avenir.
LES DEBUTS :
Après avoir surmonté à certaines critiques hostiles à la musique, la fanfare fut enfin acceptée par la population et en particulier par le curé de la paroisse, après avoir participé pour la première fois, à la procession de la Fête-Dieu, puis aux fêtes de fin d’année, à Pâques et à diverses manifestations civiles et religieuses.
L'EVOLUTION :
La fanfare s’était distinguée sous la direction d’Henri Florey par la participation aux festivals et aux concerts, donnés dans les différents villages de la Vallée. Cela se passait vers la fin du siècle dernier et le début de la guerre mondiale 14-18 où elle vécut une période de ralentissement d’activités par l’absence de ses membres au service du pays. Mais elle n’en continua pas moins avec un effectif réduit à faire face de présence en se produisant aux circonstances indiquées par la tradition établie. Après la première guerre mondiale en 1922, eut lieu à Vissoie le 4e festival - date où la Société augmenta son effectif et accepta la démission du directeur Henri Florey.
PRINCIPAUX SOUVENIRS :
Il est reconnu que la participation annuelle aux festivals présente des avantages évidents à la Société pour maintenir et améliorer la qualité musicale. Les familles Florey, Theytaz, Melly et Crettaz ont marqué un passage bénéfique à l’effectif de la fanfare par leur nombre, leur durée d’activité, et leur soutien sans réserve à la cause de la musique. Vers le début de la constitution de la Société et jusqu’à l’arrivée chez nous des camions de transport ou services publics, le déplacement des musiciens au lieu du festival de district se faisait à pied (avec le port des instruments) la veille jusqu’à Sierre. Puis, le lendemain, au lieu indiqué de la fête; et c’est seulement le troisième jour que, toujours à pied, les musiciens regagnaient leur domicile. Ce déplacement long et onéreux de trois jours causait pas mal de soucis dans les familles et de sacrifices de la part des musiciens.
Ces souvenirs me furent transmis oralement par Henri Florey et Benjamin Crettaz, tous deux fondateurs de l’Echo des Alpes, et peuvent servir de mémoire authentique dans les annales de la Société.
Henry Crettaz
(texte établi vers 1970, à le demande de Bernard Crettaz).
Témoignage d'Edouard Florey
Edouard Florey Raconte
Papa avait 16-17 ans quand un certain instituteur Donnet, sauf erreur d’Ayent, est venu là pour des cours du soir. Il faisait, la soirée, les répétitions comme on appelait, et leur enseignait un peu le chant en même temps. Il leur dit : C’est quand même dommage que vous ne cultiviez pas la musique ici, vous pourriez fonder une Société de musique à Vissoie. C’est dommage qu’on est trop loin ; du reste moi ça m’intéresserait. Il a profité de leur donner le plus possible de leçons de chant, enfin les notes et tout ça puis, pendant une année, ils ont continué et entre-temps ils ont cherché quelqu’un qui aurait pu les aider à fonder la Société de musique. Il s’est trouvé qu’il y avait un Daniel Perruchoud qui avait fondé la musique de Chalais et sauf erreur celle de St-Léonard, je ne sais pas si même celle de Granges... Enfin, il avait fondé plusieurs Sociétés. Seulement, comme il ne pouvait pas venir pendant toutes les soirées dedans depuis Chalais pour ça, ils ont décidé de lui trouver des occupations l’hiver ; entre autres Benjamin Crettaz qui était charron-menuisier a pu lui trouver du travail Ainsi la journée, il était payé, et la soirée il venait faire les cours de musique. Il les a bien initiés. Alors ils ont fondé la Société de musique en 1886 et la première fête de musique a eu lieu en 1888. Je ne sais plus à quel endroit ils ont fait cette première fête de musique. Et depuis qu’ils ont fondé la Société, ils ont continué tout le long. Papa avait 19 ans quand Perruchoud lui a un peu donné les choses et c’est lui qui a dirigé la musique la première fois.
Perruchoud a initié papa comme directeur de musique. Seulement, ils étaient tellement contrariés par les parents qui disaient que c’était une histoire pour faire de la musique de danse. Antoine Solioz devait cacher l’instrument ; Jérémie Genoud aussi. Ils cachaient l’instrument dans la grange, dans le foin. Ils allaient chez grand-papa, chez Madeleine Florey-Zuber pour les répétitions. Elle était d’accord, mais beaucoup d’autres étaient contre. Et alors comme pour la Fête-Dieu il y avait les fifres et tambours de la vallée, Daniel Perruchoud leur dit "Je vous donne un conseil, faites comme à Chalais, allez à la procession de la Fête-Dieu avec la musique et vous verrez que vous serez beaucoup agréés". Alors ils ont été à la Fête de Dieu et depuis lors ils ont été vraiment agréés. Ils ont commencé à recruter des jeunes et puis ça a été. C’était la fondation. Ils sont allés chez le curé dire que dans les autres Sociétés la musique allait à la Fête-Dieu et qu’ils désiraient, à la Fête de Dieu accompagner la procession. Il a accepté et ça a été depuis lors accepté. C’était donc en 1886.
Grand-papa était dans la fanfare de l’armée. Il a fait le recrutement et a demandé de pouvoir entrer dans les trompettes militaires. Ils lui ont fait passer un examen et il a été agréé. L’adjudant-trompette instructeur était Meistre. Il l’a tout de suite accepté ; il était même bien noté ; il jouait le piston et le Meistre a trouvé que c’était un des meilleurs et l’a pointé comme caporal. Depuis là il a tâché d’incorporer le plus possible dans les trompettes militaires. Il était assez écouté par l’adjudant. Ainsi il a réussi à faire entrer Jérémie Genoud, un frère de Jean Genoud, célibataire ; il a aussi engagé comme trompette militaire Joachim Zufferey, Louis Martin. C’est lui qui les avait pistonnés. Depuis lors ils ont continué ce qu’ils ont pu comme Société ; évidemment c’était difficile parce qu’ils étaient éparpillé. L’hiver, tout le monde allait à Zinal. Quand je suis rentré à la musique, il y avait Joseph Florey et puis Pierre Crettaz. Ils étaient à Zinal mais ils venaient en bas pour les répétitions depuis Zinal à pied. Après la répétition ils remontaient à Zinal. Il fallait voir le dévouement qu’ils avaient pour faire ça Et il y en avait un ou deux de Mayoux. Pendant le carême ceux qui restaient à Sierre montaient jusqu’à Niouc et ceux de la vallée descendaient à Niouc et ils répétaient là. Comme pour les Fêtes de musique, il fallait être à huit heures à Lens, à St-Léonard ou à Ayent, qui faisaient partie des groupements, il fallait descendre à Sierre la veille pour aller à pied le dernier bout jusqu’à Lens ou à Chalais...
Evidemment, bien des fois on ne pouvait pas rentrer le même soir, mais le lundi matin ; vraiment c’était du vrai dévouement. Bien sûr ce n’était pas une forte fanfare puisqu’ils étaient 20, 25 au maximum. La qualité était bonne par contre. Ils avaient 2, 3 bons musiciens. Après la mort de l’oncle Benjamin, ce sont d’autres qui ont joué la basse ; ils ont même joué des pièces assez importantes dont j’ai retrouvé des partitions après coup : de la musique classique, des ouvertures des pièces d’opéra. Je me rappelle plus le nom mais de grands compositeurs. Je sais que les premiers pistons étaient très bons.
Papa a été directeur dès le début. On a eu la Fête de musique ici. Il était malade, mais au festival il a encore dirigé ; c’était la dernière fois. Après c’est l’oncle Jean Florey qui a commencé à diriger et puis après Ernest Florey. C’était vers 1921. Quand il dirigeait la musique, il donnait le départ. En jouant le petit bugle, il dirigeait. Il avait les parties spéciales, c’était un très fort musicien. Dommage qu’il n’a pas pu étudier la musique plus à fond. Il a composé 2-3 petits morceaux du reste qu’on a encore là. Il transposait beaucoup de choses, arrangeait un peu les partitions pour que ce soit bien garni et puis tout ça. Il avait une facilité, ne faisait jamais les copies, en mi-b donc pour le petit bugle. Il avait toujours les parties en piston et transposait en jouant. Il avait vraiment une facilité.
Moi je suis rentré dans la musique en 1917 avec Rigobert Melly, Gustave Florey, Pierre Crettaz. Actuellement, je suis le seul survivant ici à Vissoie. Après sont venus, mais beaucoup plus tard, Gustave Clivaz et les autres. Guillaume Florey est entré avant moi dans la fanfare. Contrairement à ce que disait Daetwyler, il n’était pas fondateur, il n’était pas né à la fondation. C’est malheureux que Daetwyler raconte des histoires pareilles. On a formé des tas de jeunes et quand ils avaient 20-22 ans, ils partaient à Sierre. Quand ils étaient bien formés, ils devenaient bons musiciens, alors ils partaient et c’était toujours la difficulté pour le recrutement. Il y en a combien qui étaient ici, qui ont joué dans la Gérondine en bas, dans d’autres Sociétés.
J’aimerais bien encore avoir la santé pour assister au Centenaire de la musique de Vissoie, parce qu’en réalité il n’y en a plus beaucoup qui sont encore en vie. Le plus vieux c’est Adolphe Theytaz. Maintenant, je suis le plus vieux du village, comme homme, et le plus vieux dans la fanfare. Je crois que je n’ai jamais loupé un festival de musique. Une année que j’étais malade on est venu me chercher pour le concert à St-Léonard et j’ai quand même assisté au concert, donc joué au concert.
Antoine Solioz était signaliste. Il avait un instrument avec un piston, un seul piston. Il ne connaissait pas la musique autrement mais au militaire il était signaliste. Alors pour la diane, la retraite, le cessez-le-feu, il jouait mais il n’a jamais fait partie d’une fanfare militaire. Evidemment c’était un des fondateurs et puis on disait même qu’il avait fait le premier directeur. Mais il n’a jamais dirigé. Avant il jouait le bugle. Après il a joué la petite basse. Quand on rentrait le soir d’une fête on allait encore boire un verre ensemble. Il faisait toujours des gestes. Louis Martin lui a demandé : Qu’est-ce-que tu as tellement à gesticuler ?" Il disait : Ah ! on n'a pas tellement bien joué ce passage...
Avant il y avait même ceux de St-Martin, de Mase, qui venaient à la Fête de musique. De Bramois aussi. Ayent ne fait plus partie du district de Sierre. J’aurais vraiment un monstre plaisir de pouvoir assister au Centenaire mais ça, c’est à la Grâce de Dieu. Voilà un peu grosse modo ce qui c’est passé pour la fondation de la musique de Vissoie.
Edouard Florey
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